Bien qu’il ne soit plus utilisé aujourd’hui dans l’Union européenne, le chlorothalonil continue d’être mentionné dans les actualités liées à la qualité de l’eau. La raison est simple : certains composés issus de sa dégradation peuvent persister dans l’environnement et être détectés dans certaines ressources utilisées pour produire l’eau potable.
Ces substances, appelées métabolites, font l’objet d’un suivi spécifique de la part des autorités sanitaires et des gestionnaires de l’eau. D’où viennent-elles ? Pourquoi sont-elles encore présentes plusieurs années après l’arrêt de l’utilisation du chlorothalonil ? Et quelles solutions existent pour contribuer à réduire certains contaminants dans l’eau ? Décryptage.
Le chlorothalonil est un fongicide utilisé pour protéger certaines cultures contre les maladies causées par des champignons.
Le chlorothalonil est un pesticide de la famille des fongicides. Il a longtemps été utilisé pour protéger certaines cultures contre les maladies causées par des champignons microscopiques.
Pendant plusieurs décennies, il a accompagné les pratiques agricoles sur différentes cultures, notamment les céréales, les pommes de terre ou encore certaines productions maraîchères. Son rôle consistait à limiter le développement de maladies susceptibles d'affecter les récoltes.
Comme de nombreuses substances phytosanitaires, il a fait l'objet d'évaluations scientifiques régulières. À l'issue de ces travaux, son approbation n'a pas été renouvelée au niveau européen et son utilisation est interdite depuis 2020.
Zoom sur le R471811
Parmi les métabolites du chlorothalonil, le R471811 est aujourd'hui l'un des plus connus.
Il est régulièrement cité dans les rapports, les études et les programmes de surveillance de la qualité de l'eau. Sa présence permet aux autorités et aux acteurs du secteur de mieux comprendre le devenir environnemental du chlorothalonil et l'évolution des ressources en eau au fil du temps.
Bien que le chlorothalonil ne soit plus autorisé dans l'Union européenne depuis 2020, certains composés issus de sa dégradation continuent d'être suivis dans l'environnement. Lorsqu'une substance est utilisée pendant de nombreuses années, elle ne disparaît pas instantanément après l'arrêt de son utilisation. Sous l'effet de l'eau, des micro-organismes présents dans les sols ou encore des variations de température, elle se transforme progressivement en d'autres composés appelés métabolites.
Dans le cas du chlorothalonil, certains de ces métabolites présentent une forte mobilité dans l'environnement. Ils peuvent migrer vers les eaux souterraines et être détectés plusieurs années après l'arrêt du pesticide d'origine. C'est cette persistance qui explique pourquoi ils font aujourd'hui l'objet d'une surveillance particulière.
Cette présence a notamment été mise en évidence lors d'une campagne nationale menée par l'ANSES en 2023 sur les polluants émergents dans les eaux destinées à la consommation humaine. L'agence a identifié le métabolite chlorothalonil R471811 parmi les métabolites de pesticides les plus fréquemment détectés dans les ressources en eau analysées.
Les métabolites du chlorothalonil rejoignent l'eau par le biais du cycle naturel de l'eau.
Après des épisodes de pluie, une partie de l'eau s'infiltre dans les sols avant d'alimenter les nappes souterraines. Au cours de ce parcours, certaines substances présentes dans l'environnement peuvent également être transportées.
C'est ainsi que certains métabolites du chlorothalonil peuvent progressivement atteindre les ressources utilisées pour produire l'eau potable.
Ces phénomènes se déroulent sur des périodes longues, parfois sur plusieurs années. C’est pourquoi certains métabolites peuvent encore être observés aujourd'hui alors même que le chlorothalonil n'est plus utilisé.
Plusieurs solutions peuvent être mises en œuvre selon le contexte.
À l'échelle des collectivités, différents traitements sont utilisés pour accompagner la production d'eau potable.
Parmi les technologies les plus répandues figure notamment le charbon actif, reconnu pour sa capacité à retenir certains composés organiques.
Certaines personnes choisissent également d'installer une solution de filtration directement au point d'utilisation.
Les performances dépendent notamment :
Afin d'évaluer la capacité de réduction de certains contaminants, Culligan a fait réaliser des essais par le laboratoire indépendant IANESCO, accrédité Cofrac.
Les analyses ont été réalisées sur une eau volontairement enrichie en substances ciblées afin de mesurer les performances du système Click & Drink Premium dans des conditions expérimentales contrôlées.
Pour le métabolite chlorothalonil R471811, les résultats observés sont les suivants :
| Paramètre analysé | Avant filtration | Après filtration | Réduction observée |
|---|---|---|---|
| Chlorothalonil R471811 | 0,55 µg/L | < 0,040 µg/L | > 92 % |
Ce que cela signifie
Dans les conditions du test réalisé par le laboratoire IANESCO, le système Culligan Click & Drink Premium a permis de réduire de plus de 92 % la concentration en chlorothalonil R471811.
Ces résultats ont été obtenus dans des conditions de laboratoire et ne constituent pas une garantie de performance dans toutes les situations réelles d'utilisation.
Selon la qualité de l’eau et les besoins, différentes technologies permettent de réduire certains contaminants.
Oui. La qualité de l'eau distribuée aux consommateurs fait l'objet d'un contrôle permanent.
En France, cette surveillance mobilise plusieurs acteurs :
Des analyses régulières sont réalisées afin de suivre la présence de nombreuses substances dans les ressources en eau.
Les concentrations sont généralement exprimées en microgrammes par litre (µg/L). 1 µg/L correspond à un millionième de gramme dans un litre d'eau.
Les méthodes analytiques actuelles permettent de mesurer des concentrations extrêmement faibles et d'améliorer la connaissance de la qualité des ressources.
Comment savoir si ma commune est concernée ?
Les résultats des contrôles sanitaires sont disponibles auprès de votre Agence Régionale de Santé (ARS) et de votre service local de distribution d'eau.
Chlorothalonil, PFAS, TFA, cadmium sont des substances souvent citées lorsqu'il est question de qualité de l'eau. Pourtant, elles appartiennent à des familles très différentes.
| Substance | Famille |
|---|---|
| Chlorothalonil | Fongicide |
| Métabolites du chlorothalonil | Produits de dégradation d'un pesticide |
| PFAS | Composés fluorés persistants |
| TFA | Acide trifluoroacétique |
| Cadmium | Métal lourd |
Chaque substance possède ses propres caractéristiques, son comportement dans l'environnement et ses méthodes de traitement.
Sources et références
Ministère de la Santé – Bilan de la qualité des pesticides dans les eaux destinées à la consommation humaine (2023)
Bilan pesticides 2023 (PDF)
ANSES – Polluants émergents dans l'eau potable : principaux résultats de la campagne nationale
ANSES - Polluants émergents dans l'eau potable
ARS Hauts-de-France – Les métabolites du chlorothalonil
ARS Hauts-de-France - Métabolites du chlorothalonil
Ministère de la Santé – Qualité de l'eau potable en France
Qualité de l'eau potable
Article rédigé par Marie-Aude Benazzi Mis à jour le 08/06/2026 à 14:30
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